Les métiers de l'or

L'économie de l'or est intrinsèquement liée aux métiers qui gravitent autour du métal précieux, et vivent de son extraction, de sa transformation, de sa commercialisation ou de son recyclage.

L'univers professionnel qui s'est créé autour du secteur aurifère compte des métiers extrêmement dissemblables, depuis le secteur minier, qui se situe bien évidemment en amont dans la chaîne des métiers de l'or, jusqu'à l'utilisation de paillettes d'or dans l'industrie alimentaire de luxe, ou même dans le secteur pharmaceutique (à l'échelle de la nanoparticule). Des centaines de professions se sont ainsi développées et ont perduré pendant des millénaires.

Premier maillon : ceux qui extraient l'or

On trouve en tout premier lieu les sociétés expertes en analyse géologique. Ce sont elles qui vont en effet établir la présence de gisements aurifères dans le sous-sol et décider de la rentabilité de leur exploitation. L'or existe en effet sur toute la surface du globe, mais parfois à des concentrations tellement faibles qu'il ne serait pas partout économiquement rentable de l'extraire. Ces experts décident donc si les gisements présentent une concentration suffisante pour permettre leur extraction ou non.

Les mineurs

mineurs descendant dans une mine d'or à ciel ouvert
Sebastião Salgado, La Mine d'or de Serra Pelada, au Brésil (photographie prise en 1985).

Viennent ensuite les sociétés exploitant les mines d'or, et avec elles, les mineurs. C'est ce corps de métier qui, depuis plusieurs milliers d'années et dans de très nombreuses civilisations, extraie le minerai du sous-sol. Le métier a évolué, et les techniques se sont mécanisées mais le principe est le même.

Il s'agit toujours d'extirper du sous-sol d'énormes quantités de roches aurifères puis de les acheminer pour qu'elles soient traitées et que le métal noble soit séparé de la pierre.

Parallèlement à ces groupes industriels, et souvent en rivalité avec eux, il y a les mineurs artisanaux, aux techniques et à l'outillage plus limité, ainsi que quelques rares chercheurs d'or indépendants, qui peuvent recourir à des détecteurs de métaux puissants pour trouver des pépites d'or en surface ou à très faible profondeur (c'est notamment le cas en Australie).

Une économie parallèle s'est bien sûr créée autour de l'extraction d'un minerai si précieux. Elle est alimentée par de très nombreux mineurs clandestins partout dans le monde (en Afrique, en Amérique Latine et notamment en Guyane française).

Traitement de l'or

L'or extrait doit encore être débarrassé de ses impuretés et des roches avec lesquels il est mêlé, afin d'obtenir une matière première aussi pure que possible : un traitement est donc employé par des chimistes pour produire un or pur à 99,99%.

L'opération de raffinage est très ancienne, mais les méthodes artisanales ou industrielles utilisant le mercure ont été presque partout abandonnées car leur nocivité et leur dangerosité était trop importante. Broyé et concassé, le minerai brut est traité selon un processus chimique et métallurgique très complexe, qui permet de le débarrasser jusqu'à obtenir un or prêt à être conditionné en lingots.

Ceux qui retravaillent l'or

Une fois la matière première pure et fondue en lingots, des artisans vont profiter de certaines de ses propriétés (malléabilité, ductilité) pour lui faire subir une première transformation.

Le batteur d'or

feuille d'or
Une feuille d'or prête à être rangée.

Le batteur d'or est un artisan dont le métier consiste à transformer l'or, qu'il reçoit sous forme de lingots ou de lingotins, en feuilles d'or d'une épaisseur infime, en paillons ou en poudres d'or, suivant l'utilisation qu'un autre artisan lui réserve.

Il occupe donc une fonction intermédiaire, mais indispensable, puisque sans batteur d'or il ne serait plus possible de pratiquer la dorure, l'enluminure.

Il utilise l'incroyable malléabilité de ce matériau pour concevoir les feuilles que des doreurs pourront ensuite appliquer sur les œuvres qu'ils créent ou qu'ils restaurent (cadres de tableau, enluminures de livres). Les plus grands chefs cuisiniers et chocolatiers lui commandent également des feuilles d'or destinées à orner leurs créations culinaires.

Aujourd'hui en France, il n'y a plus qu'un seul batteur d'or, et une poignée exercent encore ce métier en Europe.

Les artisans et artistes de l'or

Plus en aval, dans cette chaîne des métiers de l'or, viennent ceux qui transforment la matière première et l'utilisent à des fins artisanales ou artistiques. De nombreuses professions ont en effet recours à l'or pour restaurer des œuvres d'art, en créer de nouvelles, souvent inattendues. Il peut s'agir des orfèvres, des artistes qui sculptent l'avers et le revers des pièces de monnaie, des enlumineurs, ou encore des doreurs.

Les doreurs à la feuille

Les doreurs sont des artisans qui exercent leur métier sur de nombreux matériaux et supports, en fonction de leur spécialité. Le doreur sur bois va créer ou restaurer des cadres en bois, qu'il va, au terme d'un processus comptant plusieurs étapes, dorer ensuite à la feuille d'or. Le relieur-doreur va quant à lui réparer des livres anciens, dont il va remettre à neuf la reliure, avant de redorer le livre pour lui redonner son apparence originelle.

Les enlumineurs

L'enluminure est un art complet, qui mêle calligraphie, illustration, mise en page, utilisation des couleurs. Les enlumineurs ne se contentent pas de poser des feuilles d'or, d'argent ou de cuivre sur les livres et parchemins qu'ils créent ou restaurent. Ils mettent en lumière ce texte, et créent une illustration complète.

Ce n'est qu'une fois le long et minutieux travail réalisé sur le parchemin, une fois seulement le texte copié, que celui-ci peut ensuite être enluminé et recevoir des feuilles d'or.

Les orfèvres

Les orfèvres constituent certainement l'un des corps de métier le plus connu. Ce sont eux en effet à qui l'on doit les objets façonnés en or, et notamment les vaisselles, vases, coupes et autres objets dédiés à orner la table ou à servir au culte religieux. Ils réalisent également du mobilier de luxe en or ou en argent massif. Ils modèlent, cisèlent, ornent leurs créations.

Ceux qui thésaurisent

Les banques centrales

Les banques centrales rompent cette chaîne des métiers de l'or en stockant celui-ci sous la forme de lingots. La constitution de réserves d'or, qui est une forme de thésaurisation étatique, est massivement pratiquée. L'or est alors dépouillé de sa valeur esthétique, ou de l'intérêt qu'il présente du point de vue de ses propriétés physiques, pour ne plus représenter qu'une valeur monétaire.

lingots d'or dans les coffres d'une banque Réserve d'or stockée dans une banque.

Les particuliers ont également pratiqué la thésaurisation depuis des siècles, en constituant par exemple leur propre épargne sous forme de pièces d'or ou de lingots. De nombreux trésors découverts récemment ont précisément été constitués par des épargnes enfouies et dissimulées, puis perdues ou jamais déterrées.

Les numismates et les collectionneurs

Les numismates professionnels et les collectionneurs constituent une autre facette du stockage et de l'accumulation de l'or. C'est la volonté de posséder des monnaies rares, chères, des pièces liées à l'Histoire des civilisations passées, enfin le désir d'augmenter la taille de leurs collections qui animent leur activité.

Ceux qui rachètent et recyclent l'or

L'or est inaltérable, et, ne se dégradant pas, il ne peut disparaître ni se transformer comme de nombreux autres matériaux. Le recycler fait donc partie intégrante du processus, et permet de réinjecter dans la chaîne occupée par les professions de l'or la matière première qui sera à nouveau façonnée.

Le recyclage consiste seulement à le séparer des autres métaux auxquels il a été mêlé (s'il a servi à constituer un alliage), et à le refondre ensuite pour le réintroduire sous sa forme originelle dans le circuit, où il servira à nouveaux à toute la chaîne des artisans.

Le rachat d'or

Les professionnels du rachat d'or se situent en bout de chaîne et récupèrent l'or sous toutes les formes qu'il revêt, pour le refondre et permettre sa remise en circulation. Débris, bijoux cassés, pièces et dents en or sont les objets précieux qui leur sont le plus souvent confiés. Ce sont donc des négociants en or spécialisés dans le caratage (évaluation du pourcentage d'or contenu dans un bijou) et qui font office d'intermédiaires entre le particulier et la société à laquelle ils vont ensuite transférer le métal précieux pour être fondu et traité.


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